Publié : 16h38 par
Hugues BARON

Une enseignante agressée au gaz lacrymogène et menacée au couteau dans un établissement scolaire de Saint-Girons

Une professeure de la cité scolaire du Couserans, à Saint-Girons, a été victime d’une violente agression mercredi 20 mai au matin, alors qu’elle préparait un cours de sport. Trois individus ont été interpellés quelques heures plus tard par les gendarmes. Deux majeurs et un mineur ont été placés en détention provisoire.

Une enseignante agressée au gaz lacrymogène
Une enseignante agressée au gaz lacrymogène
Crédit : Agence ROANNE

Les faits se sont produits mercredi 20 mai 2026, peu après 7h30, au sein de la cité scolaire du Couserans, à Saint-Girons. Selon les informations communiquées ce vendredi par le procureur de la République de Foix, Olivier Mouysset, une enseignante a été agressée sur son lieu de travail par trois individus.

D’après les premiers éléments de l’enquête, la victime préparait une séance de sport lorsqu’un des suspects s’est introduit dans l’enceinte de l’établissement après avoir franchi un portillon fermé à clé. Son sac, posé au sol, a alors été dérobé.

En constatant le vol, l’enseignante a tenté d’interpeller les auteurs afin de récupérer ses effets personnels. L’un des individus, dont le visage était partiellement dissimulé, l’aurait alors aspergée de gaz lacrymogène. Deux couteaux auraient également été exhibés pour la menacer et l’intimider afin qu’elle ne signale pas les faits.

Rapidement alertés, les gendarmes de Saint-Girons sont intervenus sur place et ont ouvert une enquête de flagrance pour vol avec violences, menaces à l’encontre d’une personne chargée d’une mission de service public et port d’arme prohibé.

Moins de huit heures après l’agression, trois suspects étaient interpellés et placés en garde à vue. Le parquet précise qu’il s’agit de deux jeunes majeurs, dont un ancien élève de l’établissement, ainsi qu’un mineur. Lors des perquisitions, l’un des couteaux utilisés aurait été retrouvé.

Les investigations ont également permis de recueillir plusieurs témoignages d’élèves. Ceux-ci ont indiqué que les agresseurs auraient changé de vêtements près des berges du Salat, à proximité du lycée. Sur place, les militaires ont découvert des habits, le sac de la victime ainsi que plusieurs effets personnels.

Entendus par les enquêteurs, les trois mis en cause, déjà connus de la justice, n’ont pas tous reconnu leur implication. Le procureur souligne que deux d’entre eux avaient déjà comparu devant le juge des enfants de Foix il y a deux mois. L’un faisait notamment l’objet d’un contrôle judiciaire. Un autre se trouvait en situation de récidive légale et sous le coup d’un sursis probatoire prononcé en 2025 par le tribunal pour enfants d’Auch.

Toujours choquée après cette agression, l’enseignante a été examinée par un médecin légiste, qui lui a prescrit quatre jours d’incapacité totale de travail. Une cellule psychologique a rapidement été mise en place par les services de l’Éducation nationale pour accompagner la communauté éducative de l’établissement.

Le parquet de Foix a également sollicité l’Association de soutien judiciaire et d’orientation de l’Ariège afin d’assurer une prise en charge de la victime.

À l’issue de leur garde à vue, les trois suspects ont été présentés au procureur puis au juge des libertés et de la détention. Conformément aux réquisitions du ministère public, ils ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur jugement. Les deux majeurs doivent être jugés dès mardi prochain en comparution immédiate. Le mineur comparaîtra le mois prochain devant le tribunal pour enfants de Foix.

Le procureur a enfin salué « la réactivité et le travail des gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Girons », mobilisés pour identifier rapidement les auteurs présumés et permettre leur présentation devant la justice.