Publié : 13h52 par
Jean Louis PEGUILLAN

Agriculteurs en colère : actions symboliques contre les centres des impôts en Ariège

Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs centres des finances publiques de l’Ariège ont été ciblés par une action menée par la Coordination rurale ariégeoise. Sans dégradations, les agriculteurs dénoncent une situation économique devenue intenable et réclament un bouclier tarifaire sur le gazole non routier.

Agriculteurs en colère : actions symboliques contre les centres des impôts en Ariège
Agriculteurs en colère : actions symboliques contre les centres des impôts en Ariège
Crédit : LA GAZETTE ARIEGEOISE

Une mobilisation ciblée et symbolique

Des chaînes apposées sur les portes et portails, sans casse ni intrusion. Dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs centres des impôts du département, notamment à Foix, Pamiers et Saint-Girons, ont été visés par une action coordonnée de la Coordination rurale ariégeoise. Objectif affiché : alerter les pouvoirs publics sans pénaliser les usagers.

« C’est une action purement symbolique. Nous avons enchaîné les accès sans provoquer de dégradations », explique Sébastien Durand, président de l’organisation.

Une démarche assumée, qui vise à illustrer le sentiment d’étouffement économique ressenti par la profession.

« Nous sommes totalement pris en otage »

Au cœur des revendications, la hausse du coût du gazole non routier (GNR), indispensable à l’activité agricole. Selon les professionnels, son prix a quasiment doublé en quelques années.

« Aujourd’hui, nous payons le GNR environ 1,30 € le litre, contre 0,65 à 0,70 € auparavant. Cette hausse représente près de 40 % de la marge nette d’une exploitation céréalière », détaille Sébastien Durand.

Face à cette situation, les agriculteurs demandent la mise en place urgente d’un bouclier tarifaire, fixant le prix du GNR à 1 € TTC, comme cela avait été instauré en 2022 au début de la guerre en Ukraine.

« Nos charges augmentent fortement, mais nous ne pouvons pas répercuter ces hausses sur nos prix de vente, fixés au niveau mondial. Nous sommes totalement pris en otage », insiste-t-il.


Une inquiétude pour la souveraineté alimentaire

Reçus par le préfet, les représentants agricoles ont exprimé leur inquiétude face à l’absence de réponses concrètes à court terme. Si le dialogue est engagé, les professionnels redoutent une aggravation rapide de la situation.

« Nous sommes en train de perdre la souveraineté alimentaire de notre pays. Certains envisagent déjà de ne pas implanter de cultures d’été faute de moyens », alerte le président de la Coordination rurale ariégeoise.

Dans un contexte où l’ensemble des secteurs économiques subit la hausse des coûts, les agriculteurs rappellent toutefois leur spécificité : l’impossibilité d’ajuster leurs revenus.

Une mobilisation appelée à se poursuivre

Si cette première action se veut mesurée, elle pourrait être suivie d’autres initiatives dans les prochains jours. Les agriculteurs affirment vouloir maintenir la pression tout en évitant de pénaliser la population.

« Nous sommes conscients que tout le monde est dans le même bateau. Mais une chose est certaine : nous ne crèverons pas sans rien faire », conclut Sébastien Durand.

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    Le journal du 02/04/2026 - Agriculteurs en colère : action symbolique contre les impôts en Ariège

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